Déjà un deuxième roman. Écrit presque aussi rapidement que le premier, comme bousculé par une urgence à raconter une histoire qui m’est tombée dessus par hasard. Même si, je le sais bien, le hasard, ça n’existe pas…
À peine ai-je achevé Une vie à contretemps que me voilà, fébrile, à retourner à mon clavier parce qu’en discutant de parents que nous avons été contraints de confier à un Ehpad, voilà qu’une amie évoque celui dans lequel vit sa mère. « Tu te rends compte, me dit-elle, cet établissement, ils l’ont construit au beau milieu du village. Bon, ça part d’un bon sentiment, mais à l’intérieur, il n’y a que des gens qui ont passé leur vie à se détester, pour la plupart, parce que tu sais bien, comme moi, que c’est les teignes qui mettent le plus de temps à quitter cette terre ! Il y a des jours, j’ai peur pour ma mère… »
Elle était à peine partie que je me suis précipité sur un de mes carnets noirs pour y coucher la trame de ce qui est devenu L’écume des mots. Hommage appuyé au roman de Boris Vian, l’Ehpad dans lequel l’histoire se déroule s’appelant L’écume des jours. Pas en hommage à l’écrivain-jazzman-chanteur, mais parce que les imbéciles qui l’avaient baptisé ont trouvé l’affiche du film de Michel Gondry « jolie » !
Se retrouver dans un Ehpad avec tous ceux que vous détestez !
Je me suis vautré avec un indicible plaisir dans ce monde que j’ai, malheureusement, côtoyé de très près, me régalant à brosser le portrait de personnages hauts en couleur, mais aussi et surtout, la vie dans cet Ehpad pas tout à fait comme les autres, dans lequel se retrouvent uniquement des habitants d’un même village qui ont passé leur vie à se détester, pour l’essentiel, à s’éviter, pour la majorité. Qu’au soir de leur vie, ils soient contraints de survivre ensemble et de partager les mêmes humiliations ajoutait du piment, tout autant que la présence de Marsaud, l’un des derniers arrivants, quatre-vingt-seize ans, et un passé qu’on aurait préféré ne pas connaître. Un Marsaud qui n’a qu’une idée en tête, s’évader de ce lieu de perdition. Mais pas seul, et après avoir foutu un bordel de tous les diables.
Je me marrais tout seul, en dépeignant certains de ces pensionnaires que j’avais de mes yeux vus et à qui je redonnais un soupçon d’espoir et une étincelle de vie dans un quotidien d’une tristesse à faire peur. Il a coulé tout seul de mes veines, ce roman. D’un trait, là encore, écrit à la première personne, puisque chaussant les charentaises de Marsaud, jusqu’à cette scène finale qui me fait verser une larme à chaque fois, et que j’ai eu tant de mal à écrire.
Une fable truculente
Il n’y a dans cet Écume des mots aucun misérabilisme, bien au contraire. Le pathos, ce n’est pas mon genre, la dérision bien plus, et j’aime à penser que l’on rit bien plus souvent que l’on ne pleure à suivre Marsaud et ses amis. À lire les retours de mes lecteurs, il se pourrait bien que je sois parvenu à les amuser avec cette fable truculente. Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer quelques-unes de ces réactions :
— « Je me suis très rapidement attaché à tous ces personnages hauts en couleur et le rire a vite pris le pas sur une réalité qui, il faut bien l’avouer, n’est pas toujours joyeuse, ce qui explique le choix fait par les résidents dont vous verrez qu’il est assez étonnant. Le tout porté par une plume fluide, sensible, et un sens du rythme dont j’avais déjà pu apprécier la musique dans les autres livres de cet auteur. Dès les premières pages, on est comme au cinéma, embarqué par les images qui surgissent, et forcent à tourner les pages sans pouvoir s’arrêter. » (Patrick Manont sur Babelio)
— Je n’ai pas peur de le dire : le sujet me faisait un peu peur. L’Ehpad, ce que j’en avais vécu avec ma mère, ma belle-mère, une tante,… je m’attendais au pire. Et pourtant, je me suis amusé comme jamais, j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai hurlé de rire, j’ai versé un torrent de larmes (mon Dieu, cette fin, quelle scène !). Vous me direz que ce n’est pas drôle en soi. C’est vrai. Mais les situations imaginées (ou vécues, allez savoir !) sont tellement folles que l’on se prend à suivre ces fous furieux dans leur quête de liberté, à les pousser pour qu’ils parviennent à leur but, à espérer qu’ils vont aller encore plus loin. Et ces personnages, mon Dieu ! Je les voyais, les Marsaud, Albert, Pierre (le Bouledogue des Carpates !), Aline, Maryse, Elvis, Gisèle, les sœurs Dupon et Dupon). J’étais dans cette chambre, à Lourdes, espérant un miracle (vous verrez lequel, je ne m’en suis pas encore remis !). Comment vous le dire autrement ? J’ai adoré ce beau moment et j’en suis ressorti avec la banane… Mais pas sûr que je me précipiterai, lorsque le temps sera venu, dans un Ehpad… (Yann i. sur Kobo)
— « Ah, Marsaud, quel bonhomme ! J’aurais adoré le rencontrer… à la fin de sa vie, avant je suis moins sûr ! J’ai adoré sa manière de voir le monde et d’aimer les gens… ou pas, d’ailleurs. » (Florence)
— « J’avoue que je suis entré dans l’Ehpad à pas menus, presque avec réticence. Et puis, dès les premières pages, tu nous embarques, on se marre et la tragédie qui se lit en filigrane ajoute une telle dimension à l’histoire qu’on se laisse aller jusqu’à cette dernière scène qui, moi, m’a bouleversé… » (Jean-Louis)
— « Quel réalisme ! Mais une façon de le raconter, sans pathos, pleine d’amour et d’émotions. J’ai adoré ! » (Catherine)
— « Que dire ? Après la Vie à contretemps que j’ai beaucoup aimé, voilà une Ecume qui m’a régalée. J’adore ce langage libre et direct. Super ! » (Marie-Agnès)
— « L’épisode à Lourdes a fait ma journée. Non, ma semaine ! En fait, je ne m’en suis pas encore remis ! C’est du vécu, non ? Ça ne peut pas s’inventer une scène pareille… » (Raphaël)
Et vous, qu’en penserez-vous ?
Fiche technique
Autoédité à la demande • Dépôt légal : 21 janvier 2025 • Nombre de pages : 268 p. • ISBN : 978-2-9597362-1-6 • Dimensions : 148 x 210 x 15 mm • DISPONIBLE SUR KOBO
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