L’enfant du tour d’abandon sur Babelio et sur Kobo

Merci à tous ceux et à toutes celles qui prennent la peine de déposer leurs ressentis. Je ne vous connais pas, et pourtant vous parlez si bien de ma Madelaine et de son fils aux yeux si verts…

Embrun, 1836. Un homme arrivé de Lyon dépose en plein cœur de la nuit un petit garçon de quelques jours à peine dans le tour d’abandon de l’hospice local, sans se douter qu’il a été suivi. le bébé est recueilli par soeur Marie-Clothilde, et pris en charge par une nourrice. Fait étonnant, il ne pleure pas, ne crie pas et se contente de peu pour manger. De plus, le bonnet brodé est de belle facture. En parallèle, on retrace son jeune parcours depuis Lyon, où sa mère Madelaine le cherche désespérément…

Tout d’abord je remercie l’auteur pour sa confiance ! En un peu moins de 300 pages, on s’attache à ce petit garçon et à son histoire. En effet la construction alterne entre le moment présent et les quelques semaines en arrière qui l’ont mené dans cet endroit où guette la mort. Ce que l’auteur explique très bien, c’est l’explosion de naissances non désirées, qui entraîne un commerce assez juteux pour de pauvres hères qui s’occupent plus ou moins bien des enfants confiés, par des bonnes soeurs débordées.

Et que dire de l’appropriation du corps des femmes, de l’absence de consentement (doux euphémisme) pour les épouses de quelque condition que ce soit, à la marchandisation pour les nourrices. Un roman historique sur un sujet peu exploité, bien écrit, avec la gouaille et le vocabulaire de l’époque sans que ce soit trop pompeux ou entrave la fluidité du récit, et on se demande en le refermant : Madelaine reverra-t-elle un jour son fils ?

Une surprise ! Un choc ! Comment une plume pareille a-t-elle pu passer sous les radars ? Dès les premières images, on se trouve littéralement plongé dans une époque dont on ressent les odeurs, le souffle, le tourbillon et nous voilà embarqués dans une histoire à deux voix. Celle d’une femme, sublime Madelaine, qui croit pouvoir s’affranchir des hommes en ce début du XIXe siècle en se donnant à l’un d’eux, le riche Auguste dont elle ne soupçonne pas la nature sombre et la perversité. Celui d’un bébé, arraché aux bras de sa mère deux jours seulement après sa naissance et trimbalé à l’autre bout de la France par un meneur, un de ces mercenaires qui, pour une poignée de sous, transportent dans leur hotte en osier des enfants dont plus personne ne veut afin de les déposer dans un de ces tours d’abandon que la Révolution française a créé pour limiter les infanticides.

Je ne vous en dévoile pas plus, vous laissant le plaisir de vous faire happer par le talent d’une plume qui vous emporte, vous prend par la main pour ne plus vous lâcher et vous laisse essoufflé, à contempler des paysages qui vous caressent les yeux, à suivre les pas de personnages hauts en couleur, à survivre dans une époque terrible dont l’auteur rend avec force les tourments. Mais sans jamais sacrifier au mélodrame et avec un luxe de détails qui forcent le respect. Par moments, je me serais cru dans du Zola ou du Victor Hugo, tant le style y fait référence.

Mon coup de coeur de l’année, sans la moindre hésitation. Et c’est avec gourmandise que je me jette dans la lecture du deuxième tome, puisqu’il s’agit là d’une trilogie… Merci à mon épouse qui m’a fait découvrir ce petit bijou, ce sont ses larmes qui m’ont intrigué et poussé à lire, à mon tour, ce roman qui l’a bouleversé. Il a eu le même effet sur moi… Quelle belle surprise !

Je ne m’attendais pas à ça. L’Enfant du tour d’abandon m’a littéralement happée. Dès les premières pages, l’écriture de Jean-Jacques Dupuis m’a frappée par sa justesse, sa sobriété, son intensité.

Mars 1836. Un homme avance, un nouveau-né muet dans sa hotte. Ce silence, cette résignation précoce, tout est glaçant et bouleversant. L’auteur nous plonge dans un XIXᵉ siècle impitoyable, entre misère, devoir, et humanité vacillante.

J’ai trouvé ce roman addictif, un vrai page-turner. On tourne les pages, troublé, fasciné, ému. On veut comprendre cet enfant silencieux, ce qu’il déclenche autour de lui, ce qu’il révèle des autres.

Ce qui m’a le plus marquée, c’est la façon dont Jean-Jacques Dupuis mêle Histoire et fiction. Les tours d’abandon, ces dispositifs où l’on déposait les enfants indésirables, sont décrits avec pudeur et réalisme. Il n’en fait jamais trop, mais il n’épargne rien non plus.

L’écriture est sublime, poétique, précise, viscérale. On ressent le froid, la fatigue, la douleur, la tendresse contenue. Chaque mot semble pesé, juste, vibrant.

Les personnages sont d’une grande humanité, complexes, profondément crédibles. L’intrigue, quant à elle, est menée avec brio : j’ai lu ce livre en deux jours, incapable de le poser. Et cette fin ? Je ne vous dirai rien bien évidemment mais quelle frustration délicieuse ! J’ai immédiatement voulu me jeter sur le tome 2.

En résumé :

– Une écriture magnifique.

– Un sujet historique fort et bouleversant.

– Des personnages puissants.

– Un roman qui reste longtemps après la dernière page.

Si vous aimez les histoires humaines, les destins brisés et les écritures d’une beauté rare : foncez.

Je ne connaissais pas l’existence de ces tours d’abandon. J’ai ressenti le désespoir de cette femme à la recherche de son enfant. Hâte de retrouver les aventures de Madelaine et Marcelin dans le prochain tome. N’hésitez pas à plonger dans cette histoire pleine de rebondissements.

Un pur régal ! Les odeurs, les tissus, les descriptions, les personnages, le vocabulaire, le rythme époustouflant, l’écriture puissante et fluide, j’ai tout adoré et j’ai lu ce roman d’une traite. Il m’a été impossible de m’arrêter sans avoir été au bout et là… voilà qu’il me faut patienter pour retrouver Madelaine, mon petit Marcellin et ses yeux verts, la Fine, le Noiraud, Daumas, sœur Marie-Clothilde (quel phénomène celle-là !)… Ce que je trouve formidable, c’est la manière dont Jean-Jacques Dupuis parvient à mêler la grande et la petite histoire pour nous entraîner à la suite de ses personnages à une époque aussi lointaine, avec un tel luxe de détails qu’on a l’impression permanente d’y être, de respirer avec eux, d’avoir peur avec eux, de rire avec eux, de pleurer (j’avoue avoir versé ma petite larme plus d’une fois). Pour moi, c’est une magnifique réussite et j’attends avec impatience le deuxième tome. Vite, vite !

Pour vous procurer ce premier tome en version papier ou en e-pub compatible avec toutes les liseuses, envoyez-moi simplement un mail. Je vous expliquerai la manière de procéder.

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J’ai toujours aimé raconter l’envers du décor, la mécanique qui se cache derrière les machines bien huilées. Alors, je vous propose de me suivre pour découvrir les coulisses de l’écriture et de l’édition…

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