La conclusion d’une trilogie envoûtante

La critique de Tes Yeux dans mes yeux parue sur le blog de Parfum_de_lecture.

Tes yeux dans mes yeux est le troisième et dernier volet d’une trilogie envoûtante, commencée avec L’Enfant du tour d’abandon et La Louve et la Lionne.

Nous voici en été 1841, en Algérie, un pays en feu sous la révolte de l’émir Abd-el-Kader. Les personnages que nous avons suivis depuis le premier tome se retrouvent dans ce décor chaotique, chacun portant ses blessures, ses espoirs et ses secrets. Marcellin, l’enfant abandonné, arrive en Algérie avec ce qu’il reste de sa famille d’adoption, accompagné de Daumas et de sa compagne, désespérément déterminés à le protéger. Mais une ombre les précède : Émeline Baune, celle qui veut sa mort, a déjà débarqué, fuyant elle aussi un passé qui la hante. Derrière eux, Madeleine, sa mère biologique, accompagnée de Louis (celui qui soulage ses douleurs) et de Declan, le jeune Irlandais amoureux et impétueux.

Autour d’eux gravite une galerie de personnages hauts en couleur : Le Saigneur (un surnom qui ne ment pas), Aïcha, Achram, Hashim, Khadidja Dihya, Bou Sakhar… Tous semblent troublés par les yeux verts de Madelaine et de son fils, comme si ce détail les reliait à un destin plus grand qu’eux.

Au milieu de ce chaos, deux armées s’affrontent, ouvrant les portes de l’Enfer, tandis qu’un capitaine se repaît de la souffrance d’un peuple. Dans ce contexte violent, les personnages devront choisir leur camp, affronter leurs démons, et peut-être enfin se retrouver.

Tes yeux dans mes yeux n’est pas simplement une suite : c’est la conclusion naturelle et nécessaire de cette trilogie. Jean-Jacques Dupuis élargit le cadre de son récit. Après les routes, les hospices et les campagnes françaises, il nous plonge dans un contexte beaucoup plus vaste, plus dur et plus violent. Pourtant, l’essentiel reste le même : l’humain, les blessures, la filiation, et ce lien indéfectible entre une mère et son enfant.

J’ai été profondément touchée par ce troisième tome. Il est plus sombre, plus grave, mais aussi plus lucide. Les thèmes de l’abandon, de l’amour maternel et de la loyauté prennent ici une ampleur nouvelle, confrontés à la guerre et à la violence des hommes.

L’écriture est toujours aussi forte et immersive. On ressent la chaleur, la poussière, la peur, mais surtout le poids des regards. Ces regards qui jugent, qui condamnent, qui espèrent parfois. J’ai eu le sentiment que tout ce qui était retenu dans les tomes précédents pouvait enfin s’exprimer pleinement.

• La cohérence de la trilogie, tout a du sens. Les personnages, leurs souffrances, leurs silences trouvent ici une réponse. On sent que l’histoire a été pensée comme un ensemble dès le départ.

• Le titre prend toute sa signification. Les yeux de Madelaine et de Marcellin sont centraux : ils troublent.

• La dimension historique, l’auteur ne cherche pas à adoucir la réalité. La guerre, la colonisation et la violence sont montrées sans détour, mais toujours avec humanité et respect.

• Des personnages plus profonds que jamais. Marcellin, l’enfant abandonnée au regard si profond, les personnages féminins, comme Madelaine qui reste une figure bouleversante, qui a tout sacrifié pour retrouver son fils, et montre une force et une vulnérabilité qui touchent en plein cœur, mais les autres femmes ont aussi une vraie place, avec leurs forces, leurs failles et leurs choix parfois difficiles. Enfin, les personnages secondaires (Declan, Louis, Le Saigneur…), ils ne sont ni tout blancs ni tout noirs, mais profondément humains.

Jean-Jacques Dupuis a ce don de rendre les décors vivants : on sent la poussière de l’Algérie, la chaleur écrasante, les odeurs de la guerre. Les dialogues sont naturels, les descriptions précises sans être pesantes.

Le contexte historique (la révolte de l’émir Abd-el-Kader, la colonisation) est bien documenté, sans jamais étouffer l’histoire personnelle des personnages. Les enjeux politiques et sociaux servent de toile de fond, mais ce sont les destins individuels qui nous captivent.

Tes yeux dans mes yeux est un très beau point final à une trilogie forte et marquante.

Pour moi, une magnifique découverte ! J’ai adoré cette saga, vraiment !

Tome 3 du cycle Madelaine • Autoédité à la demande • Dépôt légal : 1er décembre 2025 • Nombre de pages de la version papier : 368 p. • ISBN : 978-2-9597362-5-4 • Dimensions : 148 x 210 x 23 mm

Pour vous procurer ce troisième tome et les précédents, envoyez-moi simplement un mail. Je vous expliquerai la manière de procéder.

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J’ai toujours aimé raconter l’envers du décor, la mécanique qui se cache derrière les machines bien huilées. Alors, je vous propose de me suivre pour découvrir les coulisses de l’écriture et de l’édition…

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