Fabrication et mentions légales

Être son propre éditeur-diffuseur-distributeur vous impose de choisir vos circuits de distribution et l’imprimeur qui vous accompagnera, mais aussi de remplir les conditions légales. Je vous explique tout, point par point.

8. Après la bêta-lecture et une ultime relecture, il est temps de vous préoccuper de la fabrication de votre ouvrage. En tant qu’auteur autoédité, n’oubliez pas que vous êtes seul, et c’est une chance, parce que personne ne vous imposera vos choix. C’est aussi un inconvénient parce que vous devez tout gérer. À ce stade, deux options se présentent. 

— Diffuser à 100 % en numérique, via des plateformes (Kindle, Kobo, Apple Books, Google Play Books, etc) et vous percevez des commissions sur chacune des ventes réalisées sans engager de frais d’impression ou de distribution. C’est la moins onéreuse des options parce qu’il vous suffira de générer un ePub. Je vous expliquerai comment en réaliser un, propre, dans un autre post, et ce sans passer par un intermédiaire.

— Diffuser à la fois en numérique (commissions des plateformes) et en papier. Là encore, deux solutions : 

utiliser les services proposés par Kindle, BoD, Bookelis, Librinova et autres, mais j’ai vite constaté que, si l’offre peut paraître alléchante — incluant parfois la diffusion dans 5.000 librairies, voire plus —, elle ne garantit en rien que vos romans seront présents, physiquement, dans les rayons. Et si vous ne vous occupez pas, vous-même, de communiquer auprès des libraires, vos ventes seront nulles.

Personnellement, je vois deux autres inconvénients majeurs à ce système. Le coût des livres à l’unité est plus élevé que si vous trouvez vous-même votre imprimeur, ce qui diminue d’autant votre marge ; et le référencement en librairie promis, c’est juste l’assurance que votre livre existe bien dans la base de données du FEL (Fichier exhaustif du livre) et qu’un libraire pourra, éventuellement, le commander via Dilicom ou son distributeur habituel. Sauf que vous ne maîtrisez rien des paramètres : droit de retour, commissionnement, frais d’envoi éventuels, et si vous avez opté pour l’impression à la demande, c’est encore plus dommageable, parce que vous risquez de vendre… à perte !

Je vous explique, dans le post suivant, comment faire aussi bien que ces plateformes, tout en maîtrisant davantage les coûts.

gérer vous-même la fabrication et la distribution. Trouver un imprimeur est chose aisée. Il suffit de tapoter sur son clavier pour en trouver des tonnes. Personnellement, je travaille avec GT Print EOZ depuis des années. Mais je peux également vous conseiller Copy-Média à Canéjan en Gironde ou encore CoolLibri à Toulouse. Tous trois réactifs et offrant des prestations de qualité pour des prix équivalents. 

N’hésitez pas à demander des devis, en précisant le type de papier (je vous conseille du 300 g couché mat pour la couverture, avec un pelliculage mat ou brillant selon vos goûts, impression quadri recto seul ; intérieur sur du 70 g bouffant ou du 80 g — le 90 g peut aussi être intéressant si votre pagination est inférieure à 300 pages et que vous souhaitez une belle prise en main (on appelle d’ailleurs ça « la main ») —, impression noir recto-verso, format fini A5 — ne cherchez pas des formats qui sortent de l’ordinaire, ça vous coûtera bien plus cher —, soit 148 x 210 mm), et pensez à demander quelle sera l’épaisseur du dos pour réaliser votre couverture.

À ce propos, votre couverture doit tenir compte du dos. Ainsi, pour un dos de 30 mm, et pour un format A5, le fichier que vous devrez réaliser pour votre imprimeur devra être de (148 + 30 + 148 = 326 mm) x 210 mm. Prévoir au minimum 3 mm de fond perdu : c’est la matière qui déborde de votre fichier), ainsi que des traits de coupe pour le massicotage. Votre imprimeur vous expliquera cela très bien et vous fournira même des gabarits pour vous y aider.

Prenez également en compte les frais de livraison et les délais (les prix sont généralement dégressifs si vous n’êtes pas pressé). Pour les quantités, ne soyez pas trop gourmands. Une cinquantaine, voire une centaine d’exemplaires pour commencer votre activité, c’est déjà bien. Ça couvrira vos besoins pour les cercles familiaux et amicaux, parce que ce sont eux qui constitueront, dans un premier temps, l’essentiel de votre clientèle. Si vous prévoyez de faire beaucoup de salons dans l’année (à condition d’y être accepté, nous y reviendrons), visez plutôt les 200, voire 300 exemplaires (mais là, ça dépend du nombre de salons, des dédicaces que vous ferez et de l’agrandissement du cercle de vos fans). Avec l’expérience, vous verrez qu’arriver déjà à vendre 300 exemplaires physiques d’un livre, ce n’est pas si facile. Sauf si vous parvenez à vous créer une véritable communauté de fans. Ce qui, avec le temps, doit pouvoir se faire. Il ne tiendra qu’à votre talent d’y arriver. Le seul avantage d’imprimer en quantité, c’est que l’on fait baisser le prix unitaire. L’inconvénient, c’est que vous immobilisez une somme d’argent conséquente. Pensez-y au moment de passer commande.

9. Vous voici prêt à faire imprimer votre livre. Mais, avez-vous bien pensé à toutes les mentions légales qui doivent figurer ? Commençons par celles qu’on est censé trouver au verso de la page de titre :

© [Votre nom] [Année]
Tous droits réservés.
Éditeur : [Votre nom]
[Votre adresse]
ISBN [Un des numéros fournis par l’AFNIL]
Dépôt légal : [Mois et année]
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

Sur la dernière page intérieure, doit figurer cette mention : 

Achevé d’imprimer en [Mois et année] par l’imprimerie [Nom de l’imprimerie], [Ville d’impression], [ou pays si l’ouvrage est imprimé à l’étranger].
Imprimé en France [ou pays si c’est le cas].

Au dos de la couverture doivent figurer le code-barre fourni par l’AFNIL (vérifiez bien que vous utilisez le même que celui qu’il correspond à l’ISBN annoncé à l’intérieur de votre roman) et le prix. Sachez qu’en France, le prix est unique. Un exemplaire annoncé à 22 € à Lille doit être également proposé à ce prix à Marseille. Avec une légère tolérance de 5 % qu’appliquent les enseignes comme la Fnac, mais aussi Amazon, au détriment de votre marge, bien évidemment. C’est d’autant plus pénalisant que certaines de ces gros vendeurs profitent de leur position dominante pour réclamer aux éditeurs (et donc à vous, auteur autoédité), une commission plus importante, grignotant encore un peu plus votre marge. Nous y reviendrons dans un post ultérieur.

10. Passons à l’impression. Vous devrez fournir vous-mêmes vos fichiers au format .pdf que beaucoup de logiciels de traitement de texte proposent (Word, OpenOffice, Pages, etc.). Faites un test avant de tout finaliser. Demandez à l’imprimeur de vérifier que tout est OK dans vos fichiers. Il peut vouloir vous transmettre des gabarits, et dans tous les cas, écoutez ses conseils. Ils sont précieux.  Pour la couverture, préférez un logiciel de mise en page type Canva ou Affinity Publisher (aujourd’hui réunis dans une offre gratuite).

N’oubliez surtout pas de préciser à l’imprimeur que vous avez choisi que vous bénéficiez du taux de TVA sur le livre (5,5 % au lieu de 20). Vous y avez droit à partir du moment où vous êtes déclaré et que vous avez un ISBN.

11. Une fois votre livre imprimé, vous devez procéder à son Dépôt légal : vous devez vous rendre sur le site de la Bibliothèque nationale de France et créer votre compte. Vous recevrez rapidement un code d’accès qui vous permettra de référencer votre ouvrage. Cliquez sur « Remplir une déclaration de monographie » et suivez la procédure, très simple, comme vous le verrez. 

Vous devrez y joindre une photo de la couverture et de la quatrième de couverture (je vous rassure, ce n’est pas pour lire votre prose mais pour vérifier qu’y figure bien l’ISBN). Imprimez le récépissé, glissez-le dans un exemplaire de votre livre, puis faites un paquet du tout et envoyez-le à la Bibliothèque nationale de France, Dépôt légal — Livres, Quai François Mauriac, 75706 Paris Cedex 13. L’envoi se fait en franchise postale. Insistez si, à la Poste, on vous demande de payer un affranchissement. C’est gratuit, ça s’appelle le dépôt légal, Code du patrimoine art. L132-1. Ça m’est déjà arrivé de devoir brandir l’article de loi au préposé. Il ignorait l’existence de cette exonération, et il a pris mon paquet avec mépris. Genre : « Encore un qui profite du système ! » Mais non, mon ami peu sympathique, c’est juste un accord entre la BnF et la Poste.

Petite astuce : lorsque vous avez terminé l’enregistrement de votre livre sur le site de la BnF, cliquez dessus. Apparaît alors un nouvel écran. Cliquez sur Étiquette et choisissez le format dans lequel vous la souhaitez. Elle reprend toutes les mentions que je vous ai indiquées. Merci qui ? Merci Jiji.

[À suivre]

👉 Compte d’éditeur, compte d’éditeur, autoédition : qui fait quoi ?
👉 Où publier son ebook en 2026 ?
👉 Découvrir d’autres articles et réflexions sur l’autoédition.
👉 Les différentes étapes pour publier un livre autoédité [1] : Finalisation du manuscrit et statut de l’auteur.

Images générées par l’IA.

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J’ai toujours aimé raconter l’envers du décor, la mécanique qui se cache derrière les machines bien huilées. Alors, je vous propose de me suivre pour découvrir les coulisses de l’écriture et de l’édition…

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