Le Souffle du pendu est le troisième de mes romans parus en 2025. Il retrouve une deuxième jeunesse depuis qu’est sorti le cycle Madelaine. L’occasion, pour certains, de déposer un avis sur une histoire pleine de tendresse et dont on dit qu’elle fait du bien.
Angéliquencls (6 janvier 2026) ★★★★★

Septembre 1962. L’instituteur mal-aimé d’un village de montagne a disparu. le maire lui a trouvé, au bout de plusieurs semaines, un remplaçant. Un étranger. Un pied noir. Et communiste. Comment s’intégrer dans un lieu comme celui-ci, où tout le monde se connait et vit ensemble depuis des tas d’années ? Heureusement, les enfants sont bien moins fermés d’esprit que les adultes…
J’ai vraiment apprécié cette lecture ! La plume de l’auteur est des plus agréables et très fluide. C’était un réel plaisir à lire, même les phrases en patois (l’intrigue se déroule dans un hameau de montagne, donc le village a son propre langage).
Les personnages sont tous plus ou moins attachants (à l’exception du Père Mathieu, mais qui peut m’en vouloir ?). Surtout les enfants, Elvis, Marcel, Toine… J’ai adoré cette jolie bande d’enfants qui forme Le Souffle du pendu.
Même les parents d’Elvis sont adorables. Un peu rustres, au premier abord, mais on remarque que leur amour est toujours bien présent, même après toutes ces années passées ensemble. J’ai apprécié qu’ils passent au-dessus de leurs préjugés concernant les étrangers !
L’intrigue concernant la disparition de Boussagues, l’instituteur, nous tient en haleine tout le long du roman, même si, comme le dit le narrateur, ce n’est pas ce qui compte réellement ici. Boussagues est le déclenchement, mais pas la finalité !
En bref, j’ai passé un moment fort agréable avec cette lecture, que je recommande vivement !
Patrick_Manont (18 novembre 2025) ★★★★★

Ce roman aurait tout aussi bien pu s’intituler L’étranger, à nous emmener dans un village montagnard isolé, quelque part en Provence, à la rentrée scolaire de 1962. Ce jour-là, alors que la France entière se débarrasse de ses gamins en les menant à l’école, voilà que l’instituteur a disparu.
Ou, plus exactement qu’il n’a pas réapparu. Le maire, communiste (mais on apprendra que son élection n’a rien à voir avec son appartenance politique, mais à son bagout auquel personne n’entend rien, mais se laisse bercer — berner ? — par les mots qu’il aligne avec une vigueur peu commune), le maire, donc, est désespéré et prêt à tout pour ne pas rester celui par qui le scandale va arriver. Pensez, la seule école à ne pas ouvrir, c’est pire qu’une honte. Alors, tandis que les enfants de cette classe unique prolongent leurs vacances, il a une idée : aller quérir l’un de ces instituteurs fraîchement débarqués de cette Algérie qui n’est plus française. Un pied-noir. C’est peu dire que son arrivée va être vécue comme un bouleversement dans un village qui, d’étranger, n’en a connu qu’un, le prêtre. Mais c’est un homme de Dieu. Lui, c’est tout autre chose. Et voilà qu’il débarque sans épouse et avec deux enfants.
Très vite, Jean-Jacques Dupuis nous entraîne à l’opposé de ce à quoi on aurait pu s’attendre. C’est à hauteur d’enfant que l’on vit ce chamboulement des âmes qui va réveiller jusqu’au secret le plus enfoui qui tient tous ces hommes et ces femmes unis comme les cinq doigts de la main. La disparition de l’instituteur n’est évidemment qu’un prétexte, et ce sont les enfants qui tiennent ici le rôle principal, leurs sentiments n’ayant pas encore acquis la rudesse de ceux de leurs parents. Plus prompts à accepter les nouveaux venus, ils ont aussi de cette humanité que les adultes perdent à s’échiner à survivre, râpés qu’ils sont par la rudesse de leurs montagnes. On pense à Giono, à Pagnol pour la chaleur de la langue, mais aussi à G.-J. Arnaud ou à Pierre Pelot pour le poids des générations qui pèse sur ces hommes et femmes simples. L’écriture est fluide, aérienne parfois, gouailleuse par moments, réjouissante, pleine d’humanisme et c’est avec regrets qu’on referme ce roman qui fait tellement de bien à l’âme. Moi, en tout cas, c’est ainsi que je l’ai ressenti.
Stéphane (23 septembre 2025) ★★★★★
J’ai adoré l’ambiance du village, les personnages dont on imagine bien les visages et les dégaines et cette disparition qui tient en haleine, mais dont, au final, on se moque, tellement on a vécu de choses. Avec une mention toute spéciale pour Georges Cerdan, cet instituteur qui sait si bien faire ressortir ce qu’il y a de meilleur en chacun de nous. J’en ai eu des larmes à la fin ! Des trois premiers romans de cet auteur, c’est mon préféré !
Marinette_lit (23 septembre 2025) ★★★★★
Comme un beau conte qui laisse la part belle aux rôles des enfants. Jean-Jacques Dupuis nous transporte avec un langage fleuri, dans le terroir français d’après-guerre parsemé de secrets et de non-dits et bousculé par l’arrivée de l’Etranger.
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